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Thérapie · 30 septembre 2025 · 6 min de lecture

Accompagnement des enfants en thérapie

Accompagnement des enfants en thérapie

Comment j’accompagne vraiment les enfants dans mon cabinet ?

Cette question revient souvent dans vos messages. Qu’est-ce qui se passe exactement pendant une séance ? Comment est-ce que je travaille avec les enfants ? Pourquoi certains parents me disent-ils que leur enfant ne veut plus repartir après la première rencontre ?

Aujourd’hui, je vous ouvre les coulisses de mon cabinet et je vous explique en détail ma façon d’accompagner les enfants et leurs familles.

L’accueil : tout commence par un sentiment de sécurité

La première chose que je crée, dès que l’enfant franchit la porte de mon cabinet, c’est un espace de sécurité. Pas seulement physique, mais aussi émotionnelle. Un lieu où il peut être pleinement lui-même, sans masque, sans pression, sans attente de performance.

Chaque enfant arrive avec son histoire, ses blessures, ses peurs, sa sensibilité unique. Certains entrent en courant, curieux de découvrir les jeux et les objets du cabinet. D’autres restent collés à leurs parents, le regard méfiant, prêts à repartir au moindre mouvement brusque. D’autres encore arrivent en colère, en pleurs, ou complètement fermés.

Je ne force jamais. Je ne demande jamais à un enfant de faire quelque chose qu’il ne veut pas faire. Mon rôle n’est pas de le contraindre à parler, à jouer ou à se confier. Mon rôle est d’observer, d’accueillir, de m’adapter à son rythme, à sa manière d’être.

Je prends le temps. Le temps de le regarder. Le temps de capter ses micro-expressions, son langage corporel, sa façon d’explorer l’espace ou, au contraire, de s’en tenir éloigné. Ces premiers instants me disent déjà beaucoup sur ce que vit l’enfant et sur ce dont il a besoin.

Le jeu : le langage universel de l’enfance

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, je ne passe pas mes séances à interroger les enfants sur leurs problèmes ou leurs émotions. Je ne leur demande pas de me raconter ce qui ne va pas dans leur vie. Pourquoi ? Parce que les enfants, surtout les plus jeunes, n’ont pas encore tous les mots pour nommer ce qu’ils ressentent. Et même quand ils les ont, ils ne sont pas toujours prêts à les utiliser avec un adulte qu’ils connaissent à peine.

Alors j’utilise leur langage naturel : le jeu.

Dans mon cabinet, il y a des poupées, des figurines, des animaux, du sable, de la pâte à modeler, des feutres, des livres, des coussins, des balles sensorielles. Tous ces objets ne sont pas là par hasard. Ils sont des supports de projection, des outils qui permettent à l’enfant de raconter son histoire sans avoir à mettre des mots dessus.

Je laisse l’enfant choisir ce qui l’attire. Parfois, il va directement vers un objet particulier, comme s’il savait inconsciemment que c’est ce dont il a besoin. Parfois, il hésite, explore, teste plusieurs choses avant de se poser.

Et c’est là que la magie opère. À travers le jeu, l’enfant me montre ce qu’il vit. Il rejoue des scènes de sa vie, il met en scène ses conflits intérieurs, il exprime ses peurs et ses désirs. Ce petit bonhomme qui tombe encore et encore, cette poupée qui pleure parce qu’elle est seule, ce monstre qui fait peur à tous les autres personnages… tout cela me parle. Tout cela me raconte ce que l’enfant n’arrive pas à dire avec des mots.

Mon rôle, à ce moment-là, c’est d’accompagner le jeu. Pas de le diriger, mais de le suivre, de poser des questions ouvertes, de nommer ce que je vois, de valider ce que l’enfant exprime. C’est un travail subtil, délicat, qui demande une présence totale et une écoute profonde.

Accueillir toutes les émotions, sans exception

Dans mon cabinet, aucune émotion n’est interdite. Aucune émotion n’est jugée. Aucune émotion n’est minimisée.

La colère ? Elle a sa place. La tristesse ? Elle est la bienvenue. La peur ? Elle est légitime. La joie ? Elle est célébrée.

Trop souvent, dans leur quotidien, les enfants entendent des messages qui les coupent de leurs émotions : « Arrête de pleurer », « Ce n’est rien », « Tu es trop sensible », « Ne te mets pas dans cet état ». Ces phrases, même dites avec bienveillance, envoient un message clair : tes émotions dérangent, elles ne sont pas acceptables, tu dois les refouler.

Ici, c’est différent. L’enfant apprend qu’il a le droit de ressentir ce qu’il ressent. Qu’une émotion n’est ni bonne ni mauvaise, qu’elle est juste un signal, une information sur ce qui se passe à l’intérieur de lui. Qu’il peut l’exprimer sans risquer d’être rejeté, puni ou jugé.

Mon rôle, c’est de nommer ces émotions : « Je vois que tu es en colère », « On dirait que tu es triste », « Tu as l’air d’avoir peur ». Ces mots simples ont un pouvoir immense. Ils permettent à l’enfant de mettre du sens sur ce qu’il vit, de comprendre ce qui lui arrive, de se sentir vu et entendu.

J’accompagne aussi ce qui déborde. Quand la colère est trop forte, je propose des façons de la décharger sans se faire mal ni faire mal aux autres : taper dans des coussins, déchirer du papier, faire du bruit. Quand la tristesse submerge, je reste présente, je valide, j’offre un câlin si l’enfant en a besoin.

Petit à petit, l’enfant développe ce qu’on appelle l’intelligence émotionnelle : la capacité à reconnaître ses émotions, à les comprendre, à les réguler. Et cela, c’est un trésor pour toute sa vie.

Travailler avec les parents : vous êtes essentiels

Lorsque j’accompagne un enfant, je n’oublie jamais qu’il fait partie d’une famille. Les parents sont les premiers et les plus importants intervenants dans la vie de l’enfant. C’est pourquoi je les associe régulièrement au travail thérapeutique.

En début de prise en charge, nous prenons le temps de discuter ensemble de ce qui amène l’enfant. Puis, au fil des séances, je propose des moments d’échange avec les parents pour partager mes observations, répondre à leurs questions et leur proposer des pistes pour accompagner leur enfant au quotidien.

Cette collaboration est essentielle. Ce qui se passe en séance ouvre une porte, mais c’est dans la relation familiale quotidienne que l’enfant va pouvoir intégrer et généraliser ses apprentissages.

Chaque enfant avance à son rythme

Il n’y a pas de « bon » nombre de séances. Certains enfants ont besoin de peu de rencontres pour passer un cap, d’autres bénéficient d’un accompagnement plus long. L’important, c’est de respecter le rythme de l’enfant, de ne jamais le brusquer, de lui laisser le temps de grandir à sa façon.

Si vous vous demandez si un accompagnement pourrait aider votre enfant, n’hésitez pas à me contacter par courriel. Nous pourrons échanger librement sur votre situation et trouver ensemble la meilleure façon d’avancer.